Perturbateurs endocriniens et grossesse : pourquoi le tissu de tes vêtements de sport compte

Perturbateurs endocriniens et grossesse : pourquoi le tissu de tes vêtements de sport compte

On parle beaucoup de ce qu'on met sur sa peau pendant la grossesse : crèmes, cosmétiques, produits ménagers. Mais il y a un sujet dont presque personne ne parle : ce qu'on met contre sa peau. Et ça peut durer plusieurs heures... Et parfois en transpirant.

Tes vêtements de sport.

Ce guide n'est pas un cours de chimie. C'est un état des lieux factuel, basé sur des rapports scientifiques publics, de ce que contiennent réellement les textiles de sport, et de ce que ça signifie quand tu es enceinte.

Mamathletic est une marque de sportswear maternité : on a un intérêt évident à parler de ce sujet et on l'assume. Il y a également des choix que nous avons décidé de ne pas faire. Chaque information citée ici provient de sources indépendantes (ANSES, ASEF, UFC-Que Choisir, OMS) que tu peux vérifier toi-même.


Ce que contiennent tes vêtements de sport (et que l'étiquette ne dit pas)

L'étiquette d'un vêtement indique la composition en fibres : "80% polyester, 20% élasthanne". Point. Elle ne dit rien sur les dizaines de substances chimiques ajoutées pendant la fabrication pour teindre, assouplir, rendre imperméable, prévenir les odeurs ou résister au froissement.

L'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) et l'ASEF (Association Santé Environnement France) ont documenté ces substances dans les textiles. En voici les principales.

Le formaldéhyde : utilisé comme antifroissement et fixateur de teinture dans les tissus. Classé cancérogène certain par inhalation, irritant pour la peau et les yeux. On le retrouve dans les élastiques de nombreux vêtements.

Les colorants azoïques : certains colorants synthétiques libèrent des amines aromatiques classées cancérogènes. Leur usage est réglementé dans l'UE au-delà de certains seuils, mais les contrôles sur les textiles importés restent limités.

Les phtalates : présents dans les impressions, décorations et plastifications des vêtements. Ce sont des perturbateurs endocriniens avérés. Une étude a montré que l'exposition régulière aux phtalates pendant la grossesse est associée à une fréquence trois fois plus élevée d'une malformation congénitale spécifique (hypospadias).

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) : utilisés pour les traitements déperlants et anti-tâches. Perturbateurs endocriniens documentés. L'exposition in utero aux perfluorés est associée à des retards de croissance et de développement du foetus.

Les retardateurs de flamme : ajoutés pour réduire l'inflammabilité. Perturbateurs endocriniens suspectés, avec des effets documentés sur le développement du système nerveux.


Pourquoi c'est plus important pendant la grossesse

Trois raisons font du choix du tissu une question particulièrement pertinente pendant la grossesse.

La peau est plus perméable. Les changements hormonaux de la grossesse modifient la barrière cutanée. La peau absorbe davantage : ce qui est en contact avec elle pénètre plus facilement dans l'organisme.

La transpiration augmente l'absorption. Pendant le sport, tu transpires. La sueur est un solvant qui peut dissoudre certaines substances présentes dans les fibres et faciliter leur passage à travers la peau. Ces conditions font de la certification textile un critère particulièrement pertinent pour les tenues de sport.

Les perturbateurs endocriniens traversent la barrière placentaire. Ce qui passe dans l'organisme de la mère peut atteindre le foetus via le système sanguin : c'est une réalité documentée en pharmacologie. Et le système hormonal foetal en développement réagit différemment aux perturbateurs endocriniens que celui d'un adulte, y compris à des concentrations faibles.


Comment choisir un tissu sain pour le sport pendant la grossesse

Les fibres naturelles sont évidemment plébiscitées et c'est une bonne chose. Mais elles ont leurs limites en ce qui concerne l'exercice physique. Le coton bio est une excellente matière pour beaucoup d'usages, mais pour le sport, il absorbe la sueur sans l'évacuer, se déforme, et n'offre pas le maintien dont un corps en transformation a besoin. Un tissu de sport doit être technique. La question est : technique ET sain, c'est possible ?

Oui. À condition de vérifier deux choses essentielles.

1. La certification OEKO-TEX Standard 100, et son niveau d'exigence. La norme existe en quatre classes selon l'usage prévu du vêtement. La Classe I, conçue pour les articles en contact avec la peau des nourrissons, est la plus stricte. Elle ne se contente pas de tester le produit fini : elle vérifie chaque composant individuellement (le fil, la teinture, les traitements de finition) et garantit l'absence de substances nocives selon des seuils bien plus bas que la réglementation européenne standard, qui fixe des seuils tolérés sans nécessairement vérifier leur absence réelle. Un tissu certifié OEKO-TEX Standard 100 Classe I offre cette garantie quel que soit son pays d'origine.

2. La traçabilité de la matière recyclée. "Recyclé" ne veut pas automatiquement dire "sain". Un tissu recyclé reste soumis aux mêmes traitements de teinture et de finition qu'un tissu conventionnel : le recyclage de la fibre ne supprime pas les substances chimiques ajoutées ensuite. Ce qui garantit l'innocuité d'un tissu, c'est la certification de ses composants, pas le fait qu'il soit recyclé. Le GRS (Global Recycled Standard) garantit la traçabilité du contenu recyclé ; c'est l'OEKO-TEX qui certifie l'innocuité des substances.


Ce qu'on a choisi chez Mamathletic, et pourquoi

On aurait pu faire le choix du lyocell, du Tencel ou du coton biologique. Des matières avec une image naturelle rassurante, et une communication simple. On ne l'a pas fait, parce qu'un tissu de sport doit être technique pour être réellement utile pendant la grossesse. Il doit évacuer la transpiration, s'étirer dans toutes les directions, sécher vite, et tenir sans se déformer sur plusieurs trimestres. Les matières naturelles, aussi bonnes soient-elles par ailleurs, ne répondent pas encore à ces contraintes à l'effort, ou alors à des prix qui ne nous permettraient pas de vous proposer votre ensemble à un tarif qui nous parait raisonnable.

Ce qu'on a choisi à la place : un tissu nylon/élasthanne dont chaque composant (le fil, les teintures, les traitements de finition) a été testé et certifié par un organisme indépendant. Pas testé "dans les normes" : testé absent de plus de 1 000 substances nocives potentielles, au standard OEKO-TEX Standard 100 Classe I. C'est le niveau d'exigence conçu pour les articles au contact de la peau des nourrissons. Pour un vêtement porté à même la peau pendant neuf mois, c'est le niveau qu'on a voulu appliquer.

Ce n'est pas la même promesse que "naturel". C'est la promesse "certifié sûr par un tiers indépendant". Et sur le sujet des perturbateurs endocriniens pendant la grossesse, c'est la promesse qui répond directement à la question posée.


Ce qu'on ne prétend pas

On ne prétend pas que tous les vêtements de sport sont dangereux. La plupart des marques respectent les normes en vigueur. Mais "respecter les normes" et "être certifié exempt de substances nocives" ne sont pas la même chose : les normes européennes fixent des seuils, l'OEKO-TEX Standard 100 vérifie l'absence.

On ne prétend pas non plus que porter un legging non certifié pendant la grossesse est un danger immédiat. Les effets des perturbateurs endocriniens sont cumulatifs et de long terme. Mais quand on a le choix, et qu'on crée des vêtements pour des femmes enceintes, on choisit la prudence.

Et en fait, on ne fait aucune promesse médicale. Nos vêtements ne soignent rien, ils sont simplement conçus avec un tissu dont on connaît précisément la composition et les certifications. Le reste appartient à toi, ton médecin ou ta sage-femme.


Questions fréquentes

Quelles substances chimiques trouve-t-on dans les vêtements de sport ?

Les textiles de sport peuvent contenir du formaldéhyde (antifroissement), des colorants azoïques (teintures), des phtalates (impressions), des PFAS (traitements déperlants) et des retardateurs de flamme. Ces substances sont documentées par l'ANSES et l'ASEF comme potentiellement nocives, certaines étant des perturbateurs endocriniens avérés. Choisir des vêtements ayant une certification OEKO-TEX Standard 100 est un des moyens simples et accessibles de se prémunir contre ces substances.

Les perturbateurs endocriniens des vêtements peuvent-ils atteindre le foetus ?

Oui. Les substances qui traversent la barrière cutanée de la mère peuvent atteindre le foetus via le système sanguin. La transpiration pendant le sport augmente la perméabilité cutanée et donc l'absorption. C'est pourquoi le choix d'un tissu certifié est particulièrement pertinent pour les vêtements de sport portés pendant la grossesse.

La certification OEKO-TEX Standard 100 suffit-elle ?

C'est le standard le plus reconnu pour la sécurité textile au contact de la peau. Il teste chaque composant individuellement et garantit l'absence de substances nocives selon des seuils stricts. La Classe I est la plus exigeante : conçue pour les articles bébé, elle s'applique à tout vêtement porté au contact d'une peau particulièrement sensible.

Un tissu recyclé est-il automatiquement sain ?

Non. Un tissu recyclé reste soumis aux mêmes traitements de teinture et de finition qu'un tissu conventionnel. Ce qui garantit l'innocuité d'un tissu, c'est la certification de ses composants (OEKO-TEX), pas le fait qu'il soit recyclé. Un tissu peut être bon pour la planète sans être certifié sûr pour la peau.

Le coton bio ou le lyocell sont-ils de meilleures options pour le sport pendant la grossesse ?

Ces matières sont douces, naturelles et agréables au repos. Mais pour le sport, elles absorbent la transpiration sans l'évacuer efficacement, se déforment à l'usage et manquent de maintien pour accompagner tes mouvements avec une poitrine plus dense et ton ventre. Un tissu synthétique certifié OEKO-TEX Standard 100 Classe I répond à la fois aux exigences techniques du sportswear et aux critères de sécurité sanitaire.


Sources : ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), ASEF (Association Santé Environnement France, synthèse "Les vêtements : quand les toxiques se cachent"), UFC-Que Choisir (étude "Exposition des bébés aux substances chimiques toxiques"), OMS (recommandations sur les perturbateurs endocriniens).

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