Diastasis recti post-partum : comprendre, tester, se rééduquer

Tu as peut-être remarqué une bosse au milieu du ventre quand tu te redresses. Ou une sensation de mollesse, comme si rien ne tenait plus à cet endroit précis. Tu as peut-être cherché "diastasis" sur Google après qu'une amie, une sage-femme ou un post Instagram ait employé ce mot, sans qu'on t'explique vraiment ce que c'est.

Le diastasis recti, ce n'est ni rare ni honteux. C'est un écartement des muscles abdominaux le long de la ligne blanche, et dans une étude norvégienne de référence, il concernait environ six femmes sur dix six semaines après l'accouchement. Ce guide t'explique ce que c'est, comment le repérer toi-même, et ce que la recherche dit aujourd'hui (et ne dit pas encore) sur la rééducation. Un message revient tout au long du texte : pour la rééducation comme pour la reprise du sport, le plus sûr est de te faire accompagner par un professionnel (kinésithérapeute, sage-femme), et la rééducation prescrite est prise en charge par l'Assurance Maladie. Les sources sont indiquées tout au long du texte et rassemblées en fin d'article, pour que tu puisses aller vérifier par toi-même.

⚠️ Ce guide est informatif et ne remplace pas un diagnostic professionnel. Le test que tu peux faire chez toi est un outil de repérage, pas un diagnostic : seul un kinésithérapeute ou une sage-femme peut confirmer un diastasis et t'orienter vers la prise en charge adaptée.


Le diastasis recti, qu'est-ce que c'est exactement

Les grands droits de l'abdomen, ce sont les deux muscles qui courent verticalement de chaque côté de ton ventre, reliés au milieu par une bande de tissu conjonctif appelée la ligne blanche. Pendant la grossesse, cette ligne blanche s'étire pour laisser de la place à l'utérus qui grandit. C'est normal, attendu, et nécessaire.

Le diastasis recti, c'est ce qui se passe quand cette ligne blanche reste distendue après l'accouchement, créant un écart entre les deux muscles. Ce n'est ni une déchirure des muscles, ni une hernie à lui seul : c'est un tissu conjonctif qui ne retrouve pas toujours sa tension tout seul.


Pourquoi c'est si fréquent, et pourquoi ça dure parfois plus longtemps qu'on te l'a dit

L'étude de référence a été publiée en 2016 dans le British Journal of Sports Medicine par une équipe norvégienne (Sperstad et al.). Elle a suivi 300 femmes enceintes de leur premier enfant, de la grossesse jusqu'à 12 mois après l'accouchement. Le diastasis y était défini par un écart palpé d'au moins deux largeurs de doigts.

Moment Proportion de femmes concernées
21 semaines de grossesse 33,1 %
6 semaines post-partum 60,0 %
6 mois post-partum 45,4 %
12 mois post-partum 32,6 %

Source : Sperstad et al., British Journal of Sports Medicine, 2016.

Et après un an ? Une étude publiée dans Scientific Reports en 2024 a mesuré l'écart par échographie auprès de 1 000 femmes, réparties à 3, 5, 10, 20 et 30 ans après leur accouchement. Avec un seuil fixé à 2 cm, un diastasis était retrouvé chez 36 % des femmes à 3 ans, et chez 30 % à 30 ans. Avec un seuil plus strict de 3 cm, ces proportions tombent à 13 % et 10 %.

Les seuils et les méthodes de mesure varient d'une étude à l'autre (palpation ou échographie), ce qui explique que les chiffres ne soient pas directement comparables. Ce qu'il faut en retenir : un an n'est pas une ligne d'arrivée pour toutes, et un écart qui persiste ne veut pas dire que quelque chose ne va pas chez toi.

Source : Prevalence and risk factors of diastasis recti abdominis in the long-term postpartum, Scientific Reports, 2024.


Le test à faire toi-même

Ce test prend deux minutes et te donne une première indication, à confirmer ensuite par un professionnel :

  1. Allonge-toi sur le dos, genoux fléchis, pieds à plat sur le sol
  2. Place le bout des doigts d'une main juste au-dessus du nombril, dans l'axe du ventre
  3. Lève lentement la tête et les épaules, comme pour amorcer un petit relevé de buste, sans forcer
  4. Sens ce qui se passe sous tes doigts : un creux, une bosse, ou un espace où tu peux enfoncer les doigts entre les deux muscles
  5. Répète le test 4,5 cm au-dessus du nombril, puis 4,5 cm en dessous, les repères utilisés dans l'étude de référence

Un espace de deux largeurs de doigts ou plus est le seuil que cette étude utilisait pour parler de diastasis. C'est un repère de dépistage, pas un diagnostic : un kinésithérapeute ou une sage-femme peut confirmer, et l'échographie permet de mesurer l'écart plus précisément.

Source : Sperstad et al., British Journal of Sports Medicine, 2016.


Un écart est-il forcément un problème ?

Pas nécessairement. Une étude norvégienne qui a comparé des femmes avec et sans diastasis a trouvé que celles qui avaient un diastasis présentaient des muscles abdominaux plus faibles et davantage de douleurs abdominales. En revanche, elles n'avaient pas plus de troubles du plancher pelvien, ni plus de douleurs lombaires ou du bassin que les autres.

Autrement dit, l'écart en lui-même dit peu de choses. Ce qui compte, c'est comment ton ventre fonctionne : est-ce qu'il te soutient, est-ce qu'il te fait mal, est-ce que tu peux porter, te pencher et tousser sans gêne.

Source : Gluppe, Ellström Engh et Bø, Physiotherapy, 2021.


« Les abdos » : de quels muscles parle-t-on, et lesquels faut-il vraiment éviter ?

C'est sans doute le conseil que tu as le plus souvent entendu : pas d'abdominaux pendant la grossesse, et toujours pas d'abdominaux après l'accouchement, surtout si tu as un diastasis. Le problème de cette consigne, c'est le mot « abdos » : il recouvre en réalité plusieurs muscles, et des exercices très différents.

Muscle Où il se trouve Exemple d'exercice qui le sollicite
Les grands droits Deux bandes verticales de chaque côté du ventre, séparées par la ligne blanche (c'est l'écart entre eux que l'on mesure dans le diastasis) Le relevé de buste (crunch)
Les obliques Sur les côtés du tronc Les rotations et inclinaisons du buste
Le transverse Muscle profond, comme une ceinture autour du tronc Expirer en rentrant le ventre

Dans la pratique, la règle que beaucoup de professionnels ont longtemps suivie (et suivent encore) tient en une phrase : privilégier le transverse et la respiration, et éviter les exercices qui sollicitent fortement les grands droits, comme les crunchs, pour ne pas écarter davantage les deux muscles. Un essai publié en 2025 la décrit ainsi : les exercices ciblant le transverse sont fréquemment prescrits, tandis que ceux qui sollicitent les grands droits sont généralement évités. Le raisonnement est facile à comprendre. Reste à savoir si les mesures le confirment.

C'est là que ça devient intéressant : plusieurs essais récents ne le confirment pas.

  • En post-partum, 6 à 12 mois après l'accouchement : dans un essai contrôlé randomisé publié en 2023 (Gluppe et al., Journal of Physiotherapy), 70 femmes ayant un diastasis ont été réparties en deux groupes. Le premier a suivi pendant 12 semaines un programme à domicile de relevés de tête et de relevés de buste. Le second n'a fait aucun exercice d'abdominaux, et on lui a même déconseillé d'en faire : il a donc appliqué le conseil habituel. Les abdominaux du premier groupe se sont renforcés, sans aggravation de l'écart chez aucune participante.
  • En post-partum précoce : un petit essai pilote (44 femmes ayant un diastasis, après un accouchement par voie basse) a comparé un exercice ciblant le transverse à un exercice de relevé de buste. C'est le groupe relevé de buste qui a obtenu la plus grande réduction de l'écart, à 6 et à 12 semaines. Comme il s'agit d'un essai pilote, ce résultat est à interpréter avec prudence.
  • Pendant la grossesse : un programme de 12 semaines d'exercices abdominaux et du plancher pelvien (Theodorsen et al., 2024) n'a pas augmenté l'écart chez des femmes ayant un diastasis. Un autre essai (Cabral et al., 2025) a comparé des exercices ciblant le transverse ou les grands droits à des exercices généraux : aucun des deux n'a modifié l'écart, et les auteurs estiment qu'il n'y a pas lieu de décourager les femmes enceintes de les pratiquer.

Une autre étude, menée à l'échographie sur des femmes enceintes ayant un diastasis, apporte un détail contre-intuitif. Pendant l'effort, les relevés de tête et de buste rapprochent légèrement les deux muscles (de l'ordre de 3 mm), alors que l'exercice qui consiste à rentrer le ventre, et qui active le transverse, élargit très légèrement l'écart (de l'ordre de 4 mm). Ces variations sont temporaires et ne disent rien de ce qui se passe à long terme, mais elles montrent que l'idée « les grands droits écartent, le transverse rapproche » n'est pas aussi simple qu'elle en a l'air.

Côté recommandations françaises, la HAS ne classe pas les abdominaux parmi les exercices à proscrire. Pendant la grossesse, elle recommande un renforcement musculaire d'intensité modérée qui inclut l'abdomen, avec pour objectifs notamment de prévenir un diastasis des grands droits, en évitant les contractions isométriques prolongées et le blocage de la respiration. En post-partum, chez la femme sportive, elle conseille de reprendre la musculation progressivement, en privilégiant au début le renforcement du plancher pelvien ainsi que des muscles abdominaux et dorsaux.

Ce que ça permet de dire honnêtement : la consigne « pas d'abdos » est trop large pour être juste, et la règle « transverse oui, grands droits non » est une convention de pratique que les essais récents remettent en question, sans l'avoir tranchée définitivement. Ces essais sont souvent petits, et peu d'entre eux portent sur les premières semaines après l'accouchement. Les données sur la prise en charge sans chirurgie restent contradictoires, ce qui crée un vrai débat entre praticiens.

C'est précisément pour ça que l'accompagnement compte. Il n'existe pas de liste d'exercices « bons » ou « mauvais » valable pour toutes. Le choix dépend de ta situation : le temps écoulé depuis l'accouchement, une éventuelle cicatrice de césarienne, l'état de ton plancher pelvien, la façon dont ton ventre se comporte à l'effort, tes douleurs éventuelles. Un kinésithérapeute ou une sage-femme peut observer ton ventre pendant l'exercice, repérer un bombement, ajuster la technique et la progression. N'hésite pas à lui demander quelle approche il suit et pourquoi : comme les avis varient, un bon professionnel sait l'expliquer.

Concrètement, la question utile n'est pas tant "quel exercice est interdit ?" que "à quel rythme est-ce que je monte en charge ?". En France, la HAS indique que la reprise d'une activité physique commence généralement, après avis médical, 4 à 6 semaines après un accouchement par voie basse et 8 à 10 semaines après une césarienne, de façon progressive et d'intensité légère à modérée au départ. La directive canadienne 2025 va dans le même sens d'une progression graduelle et guidée par les symptômes, mais sans fixer de délai. Ces repères diffèrent d'un pays à l'autre : ce qu'ils signifient pour toi dépend de ton accouchement et de ton état, et un professionnel est le mieux placé pour te le dire. Si tu vois un bombement du ventre ou si tu ressens une douleur pendant un exercice, c'est un signal à lui montrer.

Sources : Gluppe, Ellström Engh et Bø, Journal of Physiotherapy, 2023 ; essai pilote sur l'entraînement précoce des grands droits et du transverse en post-partum ; Theodorsen et al., Journal of Physiotherapy, 2024 ; Cabral et al., Journal of Physiotherapy, 2025 ; Theodorsen et al., Physiotherapy, 2023 ; Dufour et al., Journal of Women's Health Physical Therapy, 2019 ; HAS, référentiel de prescription d'activité physique et sportive (2019) ; Directive canadienne 2025 (Davenport et al.).


La rééducation : ce qu'on sait, et ce qu'on ne sait pas encore

Commençons par ce qui est solide : les recommandations françaises et canadiennes convergent sur le travail du plancher pelvien après l'accouchement. La HAS demande qu'il soit réalisé en post-partum immédiat (0 à 3 mois) avec une sage-femme ou un kinésithérapeute, et la directive canadienne 2025 recommande de le travailler tous les jours, avec un apprentissage de la technique auprès d'un kinésithérapeute spécialisé pour en tirer le meilleur bénéfice.

Pour le diastasis lui-même, les preuves sont plus minces. Une revue systématique de 2021 (Gluppe et al.) concluait que les données étaient de très faible qualité pour recommander un programme d'exercices précis. Une mise à jour publiée en 2026 n'a pas trouvé de preuve qu'un programme d'exercices seul réduise l'écartement, tout en précisant que l'exercice peut apporter des bénéfices sur la fonction ou sur les symptômes.

Ce que ça change concrètement pour toi :

  • Un bilan avec un kinésithérapeute ou une sage-femme pour évaluer la force et la fonction de ton ventre, pas seulement la largeur de l'écart
  • Un renforcement progressif et encadré de la sangle abdominale et du plancher pelvien, avec des exercices choisis selon ta situation
  • Un objectif fonctionnel (un ventre qui te soutient, sans douleur) plutôt qu'un chiffre en centimètres

La respiration hypopressive, une option parmi d'autres

Souvent proposée en rééducation post-partum, elle consiste à prendre une grande inspiration, puis à expirer lentement et complètement en creusant le ventre, comme si tu voulais rapprocher ton nombril de ta colonne vertébrale, et à maintenir cette contraction quelques secondes. Les études actuelles ne permettent pas de désigner la meilleure technique : c'est une option que ton kinésithérapeute peut te proposer, pas une méthode miracle. Comme pour les autres exercices, le geste s'apprend mieux guidé : un professionnel peut te montrer la bonne technique avant que tu la refasses seule à la maison.

Sources : HAS, référentiel de prescription d'activité physique et sportive (2019) ; Directive canadienne 2025 (Davenport et al.) ; Gluppe, Engh et Bø, Brazilian Journal of Physical Therapy, 2021 ; mise à jour de la revue systématique, 2026.


Se faire accompagner : le bon réflexe, et c'est pris en charge

Faire des exercices chez toi, c'est possible et souvent utile. Mais ce ne sont pas toujours des exercices intuitifs. Le plancher pelvien et les muscles profonds du ventre sont des muscles internes : tu ne les vois pas, et il n'est pas toujours facile de savoir seule si tu contractes le bon muscle, avec la bonne intensité. C'est pour cette raison que la directive canadienne 2025 recommande d'apprendre la technique du travail du plancher pelvien auprès d'un kinésithérapeute spécialisé. Côté français, la HAS demande que les exercices du plancher pelvien soient réalisés en post-partum immédiat (0 à 3 mois) avec une sage-femme ou un kinésithérapeute, et les recommandations du CNGOF préconisent, en cas de fuites urinaires qui persistent 3 mois après l'accouchement, une rééducation supervisée (au moins 3 séances avec un kinésithérapeute ou une sage-femme) associée à des exercices à faire à la maison.

Les études ne permettent pas de dire quel nombre de séances est idéal. C'est justement le rôle du bilan : adapter le suivi à ton cas et choisir, parmi tous les exercices d'abdominaux possibles, ceux qui te conviennent à ce stade, plutôt que d'appliquer le même programme à toutes.

Concrètement, voici comment ça se passe en France :

  • La consultation post-natale a lieu 6 à 8 semaines après l'accouchement, avec ton médecin traitant, ton gynécologue ou ta sage-femme. Tu y es examinée, et des séances de rééducation périnéale et abdominale te sont prescrites si nécessaire.
  • La rééducation est réalisée par une sage-femme ou un kinésithérapeute, en cabinet de ville ou à l'hôpital.
  • La prise en charge : l'Assurance Maladie rembourse à 100 %, dans la limite des tarifs de base, la rééducation périnéale et abdominale post-natale prescrite. En pratique, 10 séances sont habituellement prescrites en France. Pour les conditions précises de ton dossier, ta caisse d'Assurance Maladie reste l'interlocuteur le plus fiable.

Si tu as un diastasis, dis-le dès ce rendez-vous : c'est le bon moment pour demander un bilan de ton ventre, et pas seulement de ton périnée. Ce bilan te donne aussi un point de départ précis, pour suivre ton évolution et savoir quand monter en charge.

Sources : HAS, référentiel de prescription d'activité physique et sportive (2019) ; ameli.fr, « Après l'accouchement : le retour à la maison » (mis à jour en août 2026) ; CNGOF, Post-partum : recommandations pour la pratique clinique (2018) ; Directive canadienne 2025 (Davenport et al.).


Est-ce que ça se referme tout seul avec le temps

En partie, oui. Dans l'étude de Sperstad et al., la proportion de femmes concernées passe de 60 % à 6 semaines à 32,6 % à 12 mois : l'évolution naturelle est bien réelle. Elle n'est simplement pas complète pour tout le monde.

Et un écart résiduel après un travail bien mené n'est pas un échec. Les données actuelles suggèrent que l'exercice agit davantage sur la fonction (force, douleur, soutien du tronc) que sur la mesure de l'écart. Un ventre qui fonctionne bien avec un léger écart résiduel est un meilleur objectif qu'un ventre "fermé" mais douloureux ou mal renforcé.

Dans les cas où la gêne fonctionnelle persiste malgré un accompagnement bien conduit (douleur, hernie associée, gêne importante au quotidien), une prise en charge chirurgicale peut être discutée avec un chirurgien, après un bilan complet. Ce n'est pas une première intention.

Sources : Sperstad et al., British Journal of Sports Medicine, 2016 ; mise à jour de la revue systématique, 2026.


Sport et diastasis : quel cadre poser

Les recommandations vont dans le même sens : l'activité physique est encouragée après l'accouchement, à condition d'être progressive. En France, la HAS indique que la reprise commence généralement, après avis médical, 4 à 6 semaines après un accouchement par voie basse et 8 à 10 semaines après une césarienne, avec des activités légères à modérées au départ. Le sport n'est évoqué qu'après la consultation post-natale, et les activités avec impact au sol (course à pied, sauts) ne redémarrent qu'après la rééducation périnéale et le constat d'une fonction normale du périnée. La directive canadienne 2025 recommande elle aussi une activité physique à toutes les femmes sans contre-indication, avec une progression graduelle et selon les symptômes mais sans délai fixe, et ses revues systématiques n'ont pas identifié de risque accru de blessure. Dans aucun de ces cadres le diastasis n'est une contre-indication.

Ces repères diffèrent d'un pays à l'autre, et ce sont des règles de prudence valables pour la population générale. Ce qu'ils signifient dans ton cas (ton accouchement, ton plancher pelvien, l'état de ton ventre, ton niveau d'avant grossesse) ne peut se décider qu'avec un professionnel. La HAS précise d'ailleurs que les femmes très sportives avant et pendant la grossesse peuvent le plus souvent reprendre plus tôt : c'est lui qui peut te dire si tu peux commencer plus tôt, ou s'il vaut mieux attendre. Un bilan de ton plancher pelvien et de ta paroi abdominale reste le meilleur point de départ avant de monter en intensité.

Notre guide complet sur la reprise du sport en post-partum détaille la progression par phase, et notre guide dédié à la reprise de la course à pied va plus loin sur les critères spécifiques à cette activité.

Côté équipement, un ventre en cours de rééducation n'a pas besoin d'être comprimé, il a besoin d'être accompagné. Le bandeau foldable du legging Mamathletic s'ajuste selon tes besoins du moment : relevé pour plus de soutien, replié pour plus de liberté pendant tes séances de respiration et de renforcement.

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Sources : HAS, référentiel de prescription d'activité physique et sportive (2019) ; Directive canadienne 2025 (Davenport et al.).


Ton ventre a fait quelque chose d'extraordinaire

Il a porté, protégé, laissé de la place à un être humain entier pendant neuf mois. Qu'il ait besoin d'un peu de temps et de travail pour retrouver sa tonicité, ce n'est pas un problème à cacher, c'est une suite logique. La rééducation ne vise pas à effacer ce qui s'est passé, elle vise à te redonner un tronc qui te soutient, dans tous les sens du terme.


Questions fréquentes : diastasis recti post-partum

Comment savoir si j'ai un diastasis recti ?

Allonge-toi sur le dos, genoux fléchis, place les doigts au-dessus du nombril et lève légèrement la tête. Un espace de deux largeurs de doigts ou plus entre les muscles est le seuil utilisé dans l'étude de référence pour parler de diastasis. Ce test est un repérage, pas un diagnostic : un kinésithérapeute ou une sage-femme confirme, et l'échographie permet de mesurer plus précisément.

Le diastasis recti se referme-t-il tout seul ?

En partie. Dans une étude de référence, il concernait 60 % des femmes à 6 semaines post-partum et 32,6 % à 12 mois, ce qui montre une évolution naturelle, mais incomplète pour une partie des femmes. Un écart résiduel n'est pas un échec si la fonction du ventre (soutien, absence de douleur) est bonne.

Tous les exercices d'abdominaux sont-ils déconseillés en cas de diastasis ?

Non. Le mot « abdos » recouvre plusieurs muscles (grands droits, obliques, transverse). Pendant longtemps, on a privilégié le transverse et la respiration, et évité les exercices qui sollicitent les grands droits, comme les crunchs. Les essais récents, pendant la grossesse comme en post-partum, n'ont pas montré que ces exercices aggravent le diastasis, mais ils sont peu nombreux et souvent petits. En France, la HAS ne classe d'ailleurs pas les abdominaux parmi les exercices à proscrire. Il n'existe donc pas de liste d'exercices interdits établie : un kinésithérapeute ou une sage-femme adapte le choix des exercices et la progression à ta situation.

Faut-il se faire accompagner pour un diastasis, et est-ce remboursé ?

Oui, un bilan avec un kinésithérapeute ou une sage-femme est le meilleur point de départ : ces muscles sont internes et il n'est pas toujours facile de les travailler correctement seule. La consultation post-natale, 6 à 8 semaines après l'accouchement, permet de faire prescrire des séances de rééducation périnéale et abdominale si nécessaire, prises en charge à 100 % par l'Assurance Maladie dans la limite des tarifs de base. Pour le diastasis lui-même, les preuves sur un programme d'exercices précis sont de faible qualité : le bilan sert à adapter un renforcement progressif à ton cas.

Peut-on faire du sport avec un diastasis recti ?

Oui, en général, à condition que la reprise soit progressive et validée avec un professionnel. En France, la HAS place la reprise d'une activité physique 4 à 6 semaines après un accouchement par voie basse et 8 à 10 semaines après une césarienne, après avis médical, et demande de ne pas reprendre les activités à impact avant la rééducation périnéale. Le diastasis n'est pas une contre-indication dans les recommandations françaises ni canadiennes. Comme les repères varient selon les pays et selon les situations, un bilan du plancher pelvien et de la paroi abdominale permet d'adapter la reprise à ton cas.


Sources et références

  1. Sperstad JB, Tennfjord MK, Hilde G, Ellström-Engh M, Bø K. Diastasis recti abdominis during pregnancy and 12 months after childbirth: prevalence, risk factors and report of lumbopelvic pain. British Journal of Sports Medicine. 2016;50(17):1092-1096. doi:10.1136/bjsports-2016-096065
  2. Prevalence and risk factors of diastasis recti abdominis in the long-term postpartum: a cross-sectional study. Scientific Reports. 2024. Consulter l'étude
  3. Gluppe S, Ellström Engh M, Bø K. Women with diastasis recti abdominis might have weaker abdominal muscles and more abdominal pain, but no higher prevalence of pelvic floor disorders, low back and pelvic girdle pain than women without diastasis recti abdominis. Physiotherapy. 2021;111:57-65. doi:10.1016/j.physio.2021.01.008
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  6. Cabral AL, Diniz ALD, Oliveira EH, Caserta AFLV, Rodrigues GF, Tavares LCA, Gonçalves RAR, Pinto RMC, Pereira-Baldon VS. Transversus abdominis and rectus abdominis activation exercises do not alter inter-recti distance in pregnant women: a randomised trial. Journal of Physiotherapy. 2025;71(4):254-259. Consulter l'étude
  7. Theodorsen NM, Moe-Nilssen R, Bø K, Haukenes I. Effect of exercise on the inter-rectus distance in pregnant women with diastasis recti abdominis: an experimental longitudinal study. Physiotherapy. 2023;121:13-20. doi:10.1016/j.physio.2023.08.001
  8. Effectiveness of Early Postpartum Rectus Abdominis versus Transversus Abdominis Training in Patients with Diastasis of the Rectus Abdominis Muscles: A Pilot Randomized Controlled Trial. Consulter sur PubMed
  9. Dufour S, et al. Establishing expert-based recommendations for the conservative management of pregnancy-related diastasis rectus abdominis: a Delphi consensus study. Journal of Women's Health Physical Therapy. 2019;43(2):73-81. Consulter la fiche
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  12. Davenport MH, Ruchat S, Jaramillo Garcia A, et al. 2025 Canadian guideline for physical activity, sedentary behaviour and sleep throughout the first year post partum. British Journal of Sports Medicine, 25 mars 2025. doi:10.1136/bjsports-2025-109785. Version française des directives : Société canadienne de physiologie de l'exercice
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